Légaliser le cannabis en France par Mybud Shop

Faut-il légaliser le cannabis ?

7 mai 2021
Equipe Mybud

Depuis quelques semaines, l’actualité sur le cannabis est dense et les vendeurs de CBD retiennent leur souffle. En effet, ils sont en attente d’une législation qui pourrait clarifier leur situation restée jusqu’ici relativement floue. En effet, la France n’a pas vraiment légiféré sur le statut du CBD (un élément présent dans le chanvre et dont la plante doit contenir moins de 0,2 % de THC pour être autorisée). Le 19 novembre dernier, les vendeurs de CBD avaient déjà pu vivre un premier soulagement puisque la Cour de justice de l’Union Européenne avait statué sur le fait que l’huile de CBD ne constitue pas un produit stupéfiant. De plus, la CJUE avait indiqué que, conformément à la libre circulation des marchandises, une interdiction nationale de la commercialisation du CBD constituait une entrave à ces dispositions. Pour autant, une législation plus claire est attendue pour le mois de juin.

LE DÉBAT EST RELANCÉ

Un mois après avoir rappelé sa politique de fermeté vis-à-vis de la lutte anti-stupéfiant en France, le Président de la République fait face à une divergence d’avis au sein même de son parti. En effet, mercredi 5 mai, plusieurs élus de la République En Marche ont remis à l’Assemblée Nationale un rapport parlementaire préconisant une « législation réglementée » du cannabis dit « récréatif ». Les enjeux de cette proposition sont simples :  protéger la santé des jeunes, démanteler les trafics de drogue et contrôler le prix et la qualité du cannabis.

Certains députés mettent en avant un « échec de la politique répressive menée depuis 50 ans ». En effet, la prohibition du cannabis ne date pas d’hier. En France, le virage a eu lieu avec la promulgation de la loi du 31 décembre 1970 qui fait encourir aux consommateurs de stupéfiants jusqu’à un an d’emprisonnement et 3750 euros d’amende.

L’échec économique et sanitaire est aussi mis en cause dans ce débat. Effectivement, d’un point de vue financier, des milliards d’euros sont dépensés tous les ans dans le cadre de la consommation de cannabis et enrichissent donc les réseaux mafieux. Dans le cadre d’une légalisation, on pourrait espérer que cette somme finance plutôt des campagnes de prévention, des consultations de santé à destination des jeunes, etc. 

Au niveau sanitaire, c’est aussi les jeunes qui sont les plus exposés aux conséquences graves. Ils consomment à leur insu des produits frelatés et manquent d’informations sur les dangers d’une consommation régulière ou excessive. La légalisation pourrait donc leur permettre de consommer un produit contrôlé et de bénéficier d’informations claires.

Par ailleurs, un autre argument anime ce débat : comment se fait-il que des produits nocifs pour la santé comme le tabac et l’alcool soient légaux ? 
Leurs conséquences dramatiques d’un point de vue sanitaire, psychologique et économique sur les français sont pourtant bien connues. On relie, par exemple, le tabac à 25- 30% des décès par cancer et à 8 millions de morts par an.

Ce sont, entre autres, ces arguments que soulevait, mardi 4 mai, François-Michel Lambert, un élu pro-légalisation à l’Assemblée nationale. Ce dernier a illustré son propos en montrant un gobelet avec une feuille de cannabis et en sortant un joint. Médiatisé grâce à ce geste, le député de Libertés et Territoires évoque une réalité plus que présente dans notre pays et vante les politiques des pays qui « ont fait le choix d’affronter le problème plutôt que la politique de l’autruche ». Son intervention a profondément irrité certains hommes politiques présents, notamment Gérald Darmanin, Ministre de l’intérieur dont la lutte contre les stupéfiants constitue son cheval de bataille depuis des années.  

De leur côté, les détracteurs dénoncent des impacts psychoactifs trop importants sur la santé, notamment chez les adolescents. En effet, le cannabis peut générer l’altération des capacités d’apprentissage, de mémorisation, de jugement mais peut aussi modifier la perception des émotions. Ces problèmes surviennent surtout chez les consommateurs réguliers et jeunes.

Par ailleurs, plusieurs théories sont souvent mises en avant parmi par les porte-paroles de la répression. Premièrement, une théorie indique que le cannabis mène à d’autres drogues plus « fortes ». Deuxièmement, une autre soulève qu’il existe une « passerelle » entre les substances dont l’effet se renforcerait chimiquement. Enfin, une hypothèse souligne que la légalisation génèrerait une incitation considérable à la consommation de cannabis. 

Par ailleurs, ce débat arrive, malheureusement, dans un contexte où le cannabis est relié à des faits funestes. En effet, mercredi 5 mai, un policier a été abattu à Avignon par un trafiquant de drogue dans le cadre d’une opération antistupéfiants. De plus, un dernier rebondissement dans l’affaire Sarah Halimi a aussi heurté l’opinion publique. Effectivement, le meurtrier de cette femme a été déclaré par la Cour de Cassation comme pénalement irresponsable. Les experts ont conclu qu’il était sous l’emprise d’une “bouffée délirante aiguë” lors du meurtre en raison de sa consommation de cannabis.

POURQUOI MAINTENANT ? 

un an des élections présidentielles, le moment est crucial. C’est, généralement, le moment de dresser le bilan du dernier mandat mené. De plus, pour se démarquer, les potentiels candidats ont tout intérêt à ouvrir des débats de société, voire à les inscrire sur leur programme politique. 

De manière générale, le sujet de la législation du cannabis revient régulièrement dans l’opinion publique car la France est la championne européenne de consommation de cannabis. En effet, elle compte chaque jour environ 1million de fumeurs.

Enfin, ces dernières années marquent aussi la légalisation du cannabis récréatifs dans plusieurs pays : Canada (2018), Afrique du Sud (2018), Nouvelle-Zélande (en cours) et du cannabis thérapeutique dans d’autres : Allemagne (2017), Mexique (2017) et le Royaume-Uni (2018). 

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