Une récente étude révèle que l’huile de graines de chanvre pourrait accélérer la cicatrisation des plaies. Parfois même avec une efficacité parfois supérieure à celle des antibiotiques classiques. Cette découverte s’ajoute à la longue liste de recherches consacrées au cannabis et souligne l’intérêt croissant des scientifiques pour le potentiel thérapeutique de cette plante lorsqu’elle est utilisée à bon escient.
Déjà étudié pour ses effets sur l’épilepsie, les douleurs, les affections cutanées, le stress ou encore les rhumatismes, le chanvre, version thérapeutique et industrielle du cannabis, ne cesse de surprendre par ses multiples propriétés. La dernière recherche en date, menée en Indonésie, met en lumière son efficacité dans le domaine de la cicatrisation. Selon les résultats, l’huile de graines de chanvre pourrait favoriser la régénération cellulaire et améliorer la guérison des plaies. Elle rivaliserait même avec certains traitements médicamenteux traditionnels.
Une étude scientifique menée en Indonésie
Publiée dans le magazine scientifique Narra J, cette étude a été réalisée par une équipe de chercheurs de l’Université Syiah Kuala, située à Banda Aceh, sur l’île de Sumatra. Leur objectif : évaluer l’impact de l’huile de graines de chanvre sur la réduction de la taille des plaies, l’épithélialisation (formation d’une nouvelle couche de peau), la création de tissu de granulation et la vascularisation, le tout sur des modèles murins, c’est-à-dire des souris.
Les précédentes études s’étaient généralement intéressées à des mélanges d’huiles essentielles. Cette fois-ci, les chercheurs ont choisi de se concentrer uniquement sur l’huile de chanvre afin d’éliminer tout risque d’interaction entre différents composés et de mesurer ses effets propres sur la cicatrisation.
Méthodologie et résultats
Pour mener leurs expériences, les scientifiques ont utilisé 36 souris présentant des plaies cutanées, réparties en trois groupes :
- Groupe témoin (NC) : aucune intervention.
- Groupe positif (PC) : traitement deux fois par jour avec une pommade antibiotique au chloramphénicol.
- Groupe expérimental (TG) : application deux fois par jour d’huile de graines de chanvre (400 000 mg/ml).
Les plaies ont été évaluées à différents stades, aussi bien par observation visuelle (taille, évolution) qu’au niveau microscopique (formation de nouveaux tissus et vaisseaux sanguins).
Les résultats sont clairs :
- Au jour 14, le groupe traité à l’huile de chanvre présentait des plaies nettement plus petites et une cicatrisation plus rapide que les deux autres groupes.
- Au jour 21, la formation de nouveaux vaisseaux sanguins était significativement plus importante dans le groupe huile de chanvre, facteur essentiel pour une cicatrisation complète et une bonne régénération des tissus.
Les chercheurs soulignent que si les effets du chanvre et de la pommade antibiotique devenaient comparables après trois semaines, la structure du tissu cicatriciel restait plus avancée et mieux organisée dans le groupe traité à l’huile de chanvre, signe d’une guérison plus efficace.

Une efficacité liée à des composés bioactifs
Pour expliquer ces résultats, l’équipe indonésienne met en avant l’action combinée de plusieurs composés bioactifs présents dans l’huile de chanvre :
- Les acides gras polyinsaturés (oméga-3 et oméga-6), connus pour leurs propriétés anti-inflammatoires.
- Les flavonoïdes et les terpénoïdes, réputés pour leurs effets antioxydants, capables de limiter le stress oxydatif et de favoriser la réparation des tissus.
En agissant simultanément sur les phases inflammatoires et prolifératives de la cicatrisation, ces composés semblent conférer à l’huile de chanvre une efficacité globale supérieure.
Une piste prometteuse pour la médecine
Les chercheurs concluent que l’huile de graines de chanvre pourrait représenter un adjuvant naturel et abordable pour la gestion des plaies, grâce à sa capacité à stimuler la cicatrisation tout en favorisant une meilleure vascularisation des tissus. Des études complémentaires sur l’homme seraient toutefois nécessaires pour confirmer ces résultats et envisager des applications cliniques à grande échelle.